Le Coin du PSG

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La face cachée des schtroumpfs (suite)



                                                      


Dans cet univers, les schtroumpfs n'ont pas de noms et, à de rares exceptions, pas de signes distinctifs. Tous en uniforme, ces bons petits travailleurs sont réduits à leur fonction sociale (boulanger, bricoleur, paysan, etc.). Le collectif prime sur l'individu. On y retrouve même quelques figures familières, notamment le schtroumpf costaud dans le rôle du soldat et de Stakhanov.

Une seule femme : la schtroumpfette, qui tient à elle seule le rôle dévolu à l'élément féminin. Notons au passage que cette créature de Gargamel a d'abord semé un beau bordel avant de devenir partie intégrante de la communauté,
suite à une opération de chirurgie esthétique pratiqué par le grand schtroumpf, assimilable à la ré-éducation politique.



L'envahisseur sioniste.

Gargamel, c'est l'ennemi venant de l'extérieur. Il se fait toujours avoir, malgré sa supériorité physique, comme la propagande soviétique présentait toujours l'URSS triomphant d'adversaires surpuissants. Le vilain sorcier endosse aussi le rôle du méchant capitaliste en étant le seul personnage à courir après le pognon. Mais avec son nez crochu, son cheveu rare, sa silhouette voûté, son aspect sale, Gargamel est aussi la caricature du juif vu par les soviétiques.
Et Azrael, le compagnon félin de Gargamel, représente le prolétariat. Il représente l'ouvrier exploité et de classe inférieur du système capitaliste, sous payé, et incapable de négocier pour de meilleures conditions. Azrael est souvent exigé pour risquer sa vie et partir à la poursuite des Schtroumpfs pour son maître comme les ouvriers consacrent leurs vies aux intérêts de leurs patrons. Notons que le mot Azrael lui-même est semblable au mot Israël, la patrie juive.

Pour les rouges, judaïsme et capitalisme ne font qu'un : les exploiteurs impérialistes sont à la solde de la "juiverie internationale". L'argent, c'est le mal. Le schtroumpf financier, entièrement consacré à la question monétaire, enfonce le clou : pendant la convalescence de l'irremplaçable grand schtroumpf, un des leurs tente d'introduire le système monétaire en lieu et place du troc. Tout part en couilles, la corruption le dispute à la paresse, le patrimoine commun est morcelé et privatisé, les rentiers apparaissent et le grand schtroumpf sauvera le village en mettant fin à l'expérience.


Si les schtroumpfs n'étaient que de la pourriture marxiste, les dégâts sur la jeunesse seraient limités. Mais non. Les schtroumpfs sont également nazis.


Les schtroumpfs sont de bons aryens. Souvenez-vous de leur première aventure, Les schtroumpfs noirs. Piqué par une mouche, un des schtroumpfs devient noir puis contamine tous les autres en les mordants. Il ne devient pas jaune ou vert, mais noir. Racisme que ce choix de couleur pour symboliser la régression primitive des schtroumpfs noirs. Ces derniers n'ont ensuite qu'une idée en tête : mordre leurs camarades. Gnap ! Une référence au cannibalisme
qui rejoint assez la représentation que les européens avaient des peuplades d'Afrique au 19è siècle. Une vision colonialiste, dont la seconde guerre mondiale ne fut que l'apothéose.



Un village, un peuple, un chef.


Persécuteurs de Gargamel, les schtroumpfs sont également antisémites (voir plus haut). Le grand schtroumpf incarne le général en chef, le juge et le professeur, tandis que le schtroumpf costaud a un rôle de valorisation du corps.

La schtroumpfette, là encore, reste au foyer, et se voit confier l'unique marmot qui atterrit par erreur au village dans Le bébé schtroumpf. Elle n'est d'ailleurs devenu fréquentable qu'après son passage entre les mains du grand schtroumpf. Brune initiallement, elle était un fléau. Blonde, elle devient l'idéal féminin si cher au nazisme, belle allusion donc.



Drapeau


Loin d'être inconciliables, stalinisme et nazisme trouvent un fondement commun dans le concept de totalitarisme décrit par Hannah Arendt. Un chef directement en prise avec le peuple sans qu'aucun corps intermédiaire ne les sépare. Une société atomisée (pas de familles, d'associations, de partis ou syndicats) et corporatiste. Et avec le personnage du schtroumpf à lunettes, l'autre face du grand schtroumpf, une police politique qui, dans un Etat totalitaire achevé, s'est fait moralisatrice, ne comptant plus que sur le contrôle intérieur et plus sur la coercition extérieure.

Les sociétés totalitaires se posent aussi en anti-démocraties. Le schtroumpfissime le montre bien : à l'occasion d'un voyage du grand schtroumpf, les schtroumpfs se demandent qui va le remplacer temporairement et ont l'idée d'organiser des élections. Celui qui fait le plus de promesses l'emporte et aussitôt élu, il part dans une dérive autoritaire.

Le chef revient juste au moment où les schtroumpfs sont sur le point de s'entre-tuer. Moralité : élections = piège à cons, manipulation et jeu de dupes. Rien de bon ne sort des runes. Rien ne remplace le pouvoir absolu et gérontocratique du grand schtroumpf. Le village schtroumpf, c'est en fin de compte la société totalitaire parfaite.




04/09/2008
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